Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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1914/18 EFFERVESCENCE ARTISTIQUE ALLEMANDE

Réintégrons d’abord l’effervescence artistique européenne avant la guerre : tandis que Monet s'évertuait avec application à la ronde de ses nénuphars, Pablo Ruiz PICASSO achève en 1907 l'œuvre fondatrice du CUBISME, « Les Demoiselles d'Avignon ». Outre Rhin, le critique d’art Wilhelm Worringer, en 1908, lance le mot « EXPRESSIONNISME » à propos du « Cri » d'Edwards Munch et de Van Gogh. Le militarisme allemand, accusé d’avoir, en partie, causé la guerre, contraste avec cette éruption artistique éblouissante que sera l’Expressionnisme.

Dans sa diversité, le but essentiel : affirmer le fond de l’âme. Ils distordent, souvent, les données de la réalité visible plus pour renforcer l’extériorisation de leurs sentiments que kandinsky-913975060.jpgpour répondre aux exigences d’une spéculation proprement picturale. En commun : un climat âpre, pathétique, souvent angoissé. Tel KIRCHNER (1880-1938), l’inventeur d’un procédé de coloration, en lithographie, à partir d’une pierre dont il extrait des plaques : chaque couleur est parfaitement élaborée en soi – d’où la puissance dégagée. L’Expressionnisme s’avère d’abord le miroir pessimiste d’une époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale, allégorie de la psychanalyse freudienne naissante et du Symbolisme. Le contenu plus important que l’image, la charge de critique sociale qu’ils imprimèrent à l’œuvre leur valut la critique des conservateurs qui les accusaient d’être un danger pour la jeunesse allemande. Alors que les uns ont tellement hâte de s’épancher qu’ils négligent leur langage : agressivité des couleurs violentes. Chez les autres la beauté plastique n’est nullement sacrifiée. Affinités avec « La Vue de Tolède sous l'orage » du Greco, (1595/1610), également les XVe et XVIe siècles : Matthias Grünewald, ses hachures mordantes. Prolongation du FAUVISME qui se tarit peu à peu, pour les allemands le principal est la ligne.

Kirchner créera en 1905 à Dresde « DIE BRÜCKE » (le Pont) dans l’intention d’attirer tous les révolutionnaires et les éléments en fermentation… avec 4 étudiants architectes Fritz Bleyl, Erich Heckel, Ernest Ludwig Kirchner, Karl Schmidt-Rottluff : « …Il est imossible de vouloir expliquer les dernières œuvres  de ces « Sauvages » comme étant une évolution formelle et une interprétation autre de l’Impressionnisme. Les plus belles couleurs prismatiques et le célèbre Cubisme ont perdu toute signification dans l’objectif poursuivi par ces « Sauvages ». leur pensée vise un autre but : grâce à leur travail, créer des symboles de leur époque qui doivent se dresser sur les autels des religions intellectuelles et spirituelles à venir et derrière lesquels le réalisateur technique disparaît… » Franz Marc.

FRANZ MARC (Berlin 1877-1916 prés de Verdun) : de sa graphie animalière ressort clairement son peu de prix de la chose observée. Priorité à la fois au style et l’expression qu’il en ressentait. Autour de lui une nouvelle association : « BLAUE RIETER » (le cavalier bleu) en compagnie non seulement de Paul Klee, Delaunay, l’influx du futurisme italien ou d’autres mais surtout Kandinsky et l’ABSTRACTION qui écrira « Du spirituel dans l’art » : « …le plus important dans la question de la forme est bien de savoir si cette forme répond à une nécessité interne ou non… ».

Le moscovite KANDINSKY, arrivé à Munich en 1896, sa "Fugue", (1914), tapisse l’Expressionniste vers l’art abstrait. Pour Kandinsky, la peinture s'élargit de l’oppressante matérialité jusqu'à une sorte d’extase épurée par la couleur qui amplifiée d'une théorie complexe : la peinture est déjà une réalité hétérogène, un univers en soi, une nouvelle façon d'être, qui entraîne l’assistance et déclenche des apprentissages mystiques, « …l’accord externe agissant de manière dysharmonique ». KLEE, au contraire, assurait que l'art se conciliait le sens créatif de la nature et refusait l’hégémonie de l'abstraction. Lionel Feininger tente une autre définition : « Chacune de nos toiles ou dessins sert à rendre de la manière la plus profonde et dix_in10.jpgpersonnelle l’état d’âme qui nous possède au moment précis de cette création. Nos œuvres assouvissent également notre besoin impératif et irrévocable de liberté traduite dans la façon que nous jugeons la plus adéquate dans le rythme, la forme la couleur…L’Impressionnisme s’arrête dehors, en pleine nature, dans un endroit quelconque, déballe son attirail et, animé par une pulsion soudaine, se met à reproduire sur la toile ce qui, à ce moment précis, contraint son regard à se fixer sur telle ou telle image autour de lui… Nous sommes motivés par une vision interne qui nous pousse à traduire et exprimer notre désir si violent sous la forme finale la plus personnelle, la moins soumise à l’influence externe…Cette capacité créatrice d’un artiste est le seul critère sur lequel il puisse être jugé ».

OTTO DIX (1891/1969) se distingue, au lendemain de la guerre par son violent antimilitarisme (après avoir été influencé par le cubisme, le futurisme et même le dadaïsme). Volontaire dans l'artillerie et sorti vivant, sa peinture deviendra une thérapie face aux visons d'horreur. (Les Joueurs de skat en 1920 et La Guerre) : «Les ruines étaient toujours présentes dans mes rêves... ». Otto Dix se retrouva ainsi au centre d’un essaim LA NOUVELLE OBJECTIVITÉ (1925), certes influencée par L’Expressionnisme, touche à tout, sans programme ni manifeste, à l’inverse du Surréalisme français cette vague juxtapose différentes ramures dans une société désorientée, sinon désemparée. La Nouvelle Objectivité se déploie dans les grandes villes rassemblant artistes et intellectuels, des Dadaïstes par exemple, lucides quant au devoir contestataire. L'art devient une arme, reflet criard et criant de la société mais écartelé entre gauche et droite politique. On pense à GEORGE GROSZ : « L'artiste d'aujourd'hui, s'il ne veut pas tourner à vide, être un raté passé de mode, ne peut choisir qu'entre la technique et la propagande pour la lutte des classes. Dans les deux cas, il doit abandonner l'art pur».  Ou l’homme de théâtre BERTOLD BRECHT et son musicien KURT WEILL…  Représentation crue et amère de l’Allemagne d’après 1918 : trivialité angoissée de la vie urbaine... Singuliers portraits d'anonymes tellement troublants et captivants. (Voir portrait de la poétesse SYLVIA VON HARDEN grosz-piliers-societe.gifpar Dix au Centre Pompidou, les lithographies de Max Bekmann). SALVADOR DALI et BALTHUS furent également initiés par La Nouvelle Objectivité…

On citera Franz Marc et Kandinsky : « Si le lecteur…passe successivement d’une image votive à un Delaunay et plus loin, d’un Cézanne à un tract populaire russe, d’un masque de Picasso à un vitrail…son âme résonnera de nombreuses vibrations et pénètrera dans le royaume de l’Art…Ces vibrations internes et le plus psychique qui en résultera constitueront un enrichissement de son âme que l’Art seul, et nul autre moyen sur terre, est capable de produire ».

Enfin vint le BAUHAUS ! Ainsi, après la Première Guerre mondiale, l'Allemagne connut une période esthétique flamboyante, au delà des Années folles. Sa place dans l’histoire de la créativité en art plastique reste inaltérable et l’aspect de l’environnement moderne impensable sans lui, s’érigeant en idéal encore vivace !

Anne-Flore Urielle


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