Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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ALBERT SCHWEITZER  (1875-1965)

Effacé de certaines mémoires parce que le médecin a été à la fois contesté et trop imité ?… La réalité de cet être d'exception semble tanguer entre l’exemplaire casque colonial (cf. « Il est minuit, Docteur Schweitzer » Minuit4.jpgavec Pierre Fresnay à l’écran inspiré par la pièce de Gilbert Cesbron 1952) et les attaques de Boris Vian, « Cantilènes en gelée » - ainsi que son parent, Sartre ! Prix Nobel de la paix en 1953, Albert Schweitzer n’en imprègne pas moins le XXe siècle. Faut-il suivre ceux qui tentent de descendre de son piédestal la statue du bon docteur blanc de Lambaréné ? "Il y a deux moyens d'oublier les tracas de la vis: la musique et les chats" disait-il...

Laissons de côté cette querelle pour nous attacher d’abord au théologien (fils de pasteur). Il publie : "Recherches sur la vie de Jésus" (1906):"L’étude de la vie de Jésus …rompit les liens qui depuis des siècles l’attachaient au dogme de l’Église comme à un rocher et se réjouissait de voir sa figure reprendre vie et mouvement et de voir s’avancer vers elle l’homme historique Jésus. (…) Jésus en tant que personnalité historique reste un étranger pour notre époque. Mais son esprit, enfermé dans ses paroles, se fait connaître immédiatement.Chacune de ses paroles contient le Jésus total. La façon étrange et abrupte dont il nous les présente facilite à chacun la recherche du point de vue propre et personnel à adopter vis-à-vis de lui. En réalité le caractère éternel des paroles de Jésus est dû au fait qu’elles ont été prononcées dans un cadre eschatologique et qu’elles ont été formulées par un esprit pour lequel le monde d’alors, ses conditions historiques et sociales n’avaient déjà plus d’existence. Telles qu’elles sont, elles valent pour n’importe quel monde, car dans n’importe quel monde elles soulèvent celui qui a le courage de les regarder en face, sans interpréter ni subtiliser, hors de son époque et de son monde et le rendent libre intérieurement pour qu’il redevienne capable d’être au milieu de son époque un réceptacle de la force spirituelle de Jésus (…) A la question Dis-nous quel est ton nom à notre époque et dans notre langue il ne donne pas de réponse. Mais même s’ils ne peuvent l’entraîner avec eux, il bénit tous ceux qui ont lutté avec lui afinAlbert_S.jpg qu’ils puissent continuer leur route et combattre les puissances de ce monde… ". Et en 1960 dans "Ma vie et ma pensée" il approfondit :"Jamais Jésus n’entreprend d’exposer le dogme  judaïque du Messie et du Royaume de Dieu. Ce qui lui importe ce n’est pas l’image que les croyants se font des choses mais le fait qu’ils soient animés par l’amour et la préparation intérieure au Royaume de Dieu que porte sa prédication. Le dogme messianique est à l’arrière-plan… ».

Un autre livre, "Respect de la vie" (plus emprunté à Gandhi qu'à François d'Assise) nous invente bien des chemins :"Je suis vie qui veut vivre parmi d’autres vies qui veulent vivre…Le monde présente le spectacle terrifiant des volontés de vivre qui s’entre-déchirent…Mais en moi la volonté de vivre est devenue consciente de l’existence des autres volontés de vivre. La seule possibilité de donner un sens à son existence, c’est d’élever sa relation naturelle avec le monde à la hauteur d’une relation spirituelle… L’éthique du respect de la vie est l’éthique de l’amour élargie jusqu’à l’universel… Seule la pensée saisie et soulevée par l’idée du respect de la vie sera à même d’ouvrir dans notre monde une ère de paix. Tous les efforts seulement diplomatiques demeurent insuffisants. Nous avons besoin d’une nouvelle RENAISSANCE bien plus profonde que celle qui a fait sortir l’humanité européenne du Moyen Age :la grande "renaissance" qui fera passer l’humanité mondiale du misérable sens des réalités qui ne réussit qu’à la faire exister en sursis. Ce n’est que dans civilisation orientée par ce sens éthique du respect de la vie que notre existe peut prendre sens et éviter les terrifiantes guerres… Ce n’est pas par la connaissance mais par l’expérience que nous entrons en relation avec le monde…La mystique éthique du respect de la vie est le rationalisme poussé dans ses derniers retranchements … ».

LA PAIX, précisément, va le préoccuper tellement qu’il en recevra le prix Nobel : "Plus d'une vérité est restée longtemps ou totalement sans effet, simplement parce que personne n'a envisagé qu'elle pût devenir réalité. Je wallpapers_cats_279-1.jpgjoins ma voix à ceux qui ont récemment estimé de leur devoir d’agir, par la parole et par l’écrit, pour avertir du danger. Mon âge et la sympathie que je me suis assurée en préconisant l’idée du respect de la vie, me permettent d’espérer que mon appel pourra contribuer à ouvrir la voie à l’examen approfondi de la question, examen si instamment nécessaire…" (Discours de réception du Oslo, 4 novembre 1954). Défendant ces idées pacifiques tout au long de sa vie, il rejoindra l'athée ALBERT EINSTEIN avec qui il dénoncera le péril atomique. (Il voudra poursuivre son ouvrage sur la "Philosophie de la civilisation" dont le manuscrit est resté à Lambaréné). Lettre à Einstein (1955) : " …Mais nous, n’est-ce pas, nous restons unis par la pensée, car l’un et l’autre nous vivons notre terrifiante époque de la même manière, en ressentant les mêmes peurs pour l’avenir de l’humanité. Lorsque nous nous sommes rencontrés à Berlin nous n’aurions jamais pu nous imaginer que des liens aussi fort existeraient entre nous. Et que nous portions le même prénom, cela est beau je trouve. En ce qui concerne la relance des expérimentations sur les armes atomiques les plus modernes, je n’arrive pas à comprendre pourquoi l’ONU ne se résout pas à imposer des négociations… ». A 87 ans (1962) il va jusqu’à s’adresser directement au président KENNEDY :"...Je crois pouvoir vous assurer qu’étant donné les découvertes scientifiques les plus récentes, que chaque essai nucléaire réalisé par les Soviétique ne manquerait pas d’être détecté par les instruments de mesure hautement perfectionnés que votre pays détient pour sa protection. En tant que personne entièrement neutre je me permettrais de faire remarquer que je ne peux pas être tout à fait convaincu que soit juridiquement fondée la prétention d’un État (USA) s’imposer à un autre État (URSS) la présence sur son sol d’une Commission internationale de contrôle. Ce droit ne peut exister qu’après conclusion d’un accord de désarmement. Alors seulement serait créé la situation qui mettrait un terme à la guerre froide… » 

Fixé dans un des lieux les plus reculés de l'Afrique il décide d'y mourir loin de sa patrie et de sa famille : "Je vous appartiens, dit-il aux Gabonais, jusqu'à mon dernier souffle." (1960). Il y reste enterré.

Enfin l’un des aspects autant essentiel du génie d’Albert Schweitzer est son don musical et son culte pour BACH  : Voir dans « Bach protestant » (ART)De plus le mensuel "EVANGILE ET LIBERTE " lui a consacré des articles en octobre et novembre : http://www.evangile-et-liberte.net/

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - REFLEXION
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