Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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VERDI, un centenaire ! - 1

Qu’est-ce que l’OPÉRA ? « Fable musicale », la Grèce Antique insuffla ce théâtre lyrique psalmodiant ses légendes mythologiques au son d’une lyre. Loin du grégorien, (Moyen Âge), avec le Baroque (XVIIème/XVIIIème), la spécialisation s’améliore. La qualité d'une voix, sa virtuosité, son volume, sa rapidité, engendrent plus de travail que le don reçu : la tessiture, (assortiment des notes), l'ambitus, (étendue dans l'aigu ou dans le grave) en sont les bases. Chez les femmes, les sopranos plus aiguë, mezzo-sopranos, les contraltos (ou altos) les plus graves. Chez les hommes les contre-ténors tentent de restituer les fameux « castras » surtout pour le religieux et le baroque. Les ténors, voix aiguë et de Verdi.jpgpoitrine ; les barytons, tessiture moyenne, plus courante car voisine de la parole ; enfin les basses, les plus graves. Nuances ! Le Comte Almaviva (« Le Barbier de Séville » Rossini) ténor léger; Don José (« Carmen » Bizet) ténor lyrique ; Florestan (« Fidelio » Beethoven) ténor dramatique…le registre vocal  déterminé par le rôle. Donc, l’opéra s’élabore sur un livret (dramaturgie) mis en musique, des airs, récitatifs, chœurs, intermèdes, précédé d'une ouverture et parfois agrémenté de ballets. 1607, l’«Orphée » de MONTEVERDI est sans doute le premier opéra et MOZART (1756-1791) vivifia le genre…

VERDI naît en 1813, Busseto village du Duché de Parme offert par l’Autriche à l’archiduchesse Marie-Louise, ex-impératrice (après la chute de son époux Napoléon). Dépassons la saga d’une origine petit peuple illettré : son père était aubergiste épicier et sa mère fileuse. Atmosphère paysanne endurcie, mais musicale ! Un cadeau qui le passionnera, une vieille épinette … Rudiments de solfège avec l’instituteur et organiste. Un riche marchand, Barezzi, mélomane et directeur des «Filarmonici» (orchestres amateurs) de Busseto, détecte le don du garçonnet deviendra son second père. Verdi se formera essentiellement en autodidacte en composant des pièces pour ces Filarmonici.
1832-1834, arrivée à Milan, Barezzi, lui obtient une bourse de 4 ans pour le Conservatoire. On le dépeint déjà, « Haute stature, cheveux châtains, front élevé, sourcils noirs, yeux gris, nez aquilin, bouche petite, barbe sombre, menton ovale, visage maigre, teint pâle… ». Milan capitale du royaume Lombard-vénitien sous domination autrichienne plus coercitive ! Évincé amer Verdi, jusque là admiré et dépendant de son protecteur Barezzi, suivra un cursus presque d’autodidacte et un espoir : maître de chapelle à Busseto ! Mais il hante la Scala ! 1836-1839, retour à Bussetto, mariage endeuillé par la mort de 2 enfants et premier opéra "OBERTO" « J’étais seul, désespérément seul»…
1842 début du triomphe : «NABUCCO» à La Scala, avec Giuseppina Strepponi soprano (sa seconde épouse). Nabucodonosor, de962956_387167_460x306.jpg Babylone, s'empare de Jérusalem et tout le peuple pleure sa patrie, "Va pensiero", (qu(il retrouvera à la fin). Concordance avec l’influence révolutionnaire romantique et le mouvement national italien qui façonnèrent l’Unité, le Risorgimento - résurrection  du passé glorieux. Pour le grand poète MAZZINI, après les Romains et les catholiques, il faut créer une 3ème Italie Républicaine. Ainsi les italiens se reconnaissent dans le Chœur des Hébreux de Nabucco, ce peuple esclave sous le joug de l’étranger (l’Autriche et les Bourbons) ! Expression d’un Verdi marqué par le stoïcisme rural et la prédilection pour ces chants repris en chœur par les musiciens ambulants correspondant à l’attente du peuple en demande de fiertés. « VIVA VERDI » = Vittorio Emanuele Re d’Italia, devient l’emblème de l’union nationale et d’indépendance italienne. [Les fans de Visconti en auront une idée à travers le splendide « Senso » s’ouvrant sur la Fenice de Venise…] Succès renouvelé, "I LOMBARDI", la délivrance de Jérusalem par les Lombards parle aux Milanais - l’église tentera en vain de censurer à la place des autrichiens. Temps assidu d’évocation des pietinements de la conquête nationale : ERNANI (d’après V. Hugo), GIOVANNA D’ARCO (Jeanne d’Arc) irrégulier mais le foisonnant de mélodies consolide sa célébrité. D’autres suivront sur ces thèmes orientés ! Et Mazzini gratifie « le jeune inconnu qui, peut-être, quelque part dans notre pays, travaillé par l’inspiration, enferme en lui le secret d’une époque nouvelle. ». Cependant en 1845 Verdi, épuisé, par « ces années de galère », rompt avec ses commanditaires qui l’exploitent. D’une part il goûte son introduction parmi les notables milanais grâce à la comtesse Maffei, muse des patriotes, de l’autre il devient propriétaire terrien…« Je suis fatigué de ces fanfares sur la scène… ». Ainsi Verdi se tourne-t-il vers SHAKESPEARE. Toute une année pour "MACBETH" (le préféré). Exaltation envers le grand poète… Loin du côté sanguinaire, il épure la psychologie et perfectionne l’orchestration, ce qui enrichira les opéras ultérieurs. Création de Macbeth à Florence, splendide réussite. Serait-ce plus le patriote, à l’aube des révolutions de 1848, qu’on fête que l’ouvrage innovant ?
Précisément, Verdi réside à Paris lors des révolutions nationalistes de 1948 et leur écrasement funeste en Italie. Assez lucide pour se cantonner à la bataille scénique !  « nulle musique ne saurait mieux convenir aux oreilles italiennes que le son du canon ». I Lombardi rebatisé "JERUSALEM" en français. Puis "BATTAGLIA DI LEGNANO" rappelant la victoire de la ligue lombarde, (1176), à Milan, sur l’Empereur allemand Barberousse. 1849 la République Romaine est proclamée. [Après l’écrasement par l’Autriche des tentatives d’insurrections nationales, le Piémont seul état indépendant, est gouverné par VICTOR EMMANUEL II et son ministre, le comte CAVOUR].
1851-1853 : 3 sommets du mélodrame. "RIGOLETTO" (Le Roi s’amuse Hugo). Verdi maîtrise cet art du théâtre lyrique populaire, bien loin de la vulgarité : La donna è mobile reflète toute l’habileté du maestro pour ménager ses effets qui font mouche ! Traduisant à merveille les sentiments opposés des 4 personnages en un seul morceau concertant. IL TROVATORE (Le Trouvère) nouveau trio tragique, à l’origine du baryton verdien, donné à Rome fut une réussite éclatante. "Une puissance tragique, une mélancolie poignante, une vigueur impétueuse et un pathétisme à la fois intense et doux" G.B.Shaw. Un échec : "LA TRAVIATA" (La Dévoyée), sujet contemporain d’après "La Dame aux camélias" d’Alexandre Dumas fils. Verdi se libère des antiques protocoles de l’opéra italien grâce à une langue plus alerte. Et pense « Je crois que La Traviata n’a pas dit son dernier mot hier soir à la Fenice (Venise). Ils la reverront, et nous verrons »….

ANNE-FLORE URIELLE  : 1 - extrait de "Nabucco" / 2 - "La Traviata  (Zeffirelli)


Catégorie : ARTICLES - MUSIQUE
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