Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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NAPOLÉON (1769-1821) 1 - L'intérieur

Les réseaux napoléoniens regrettent qu’on ne célèbre pas suffisamment les anniversaires…Approchons l’œuvre intérieure…

expo-Napoleon-Georges-III_medium.jpgA son actif l’intelligence prémonitoire d’avoir mis la France sur les rails de la modernité. Le Code civil (1804). Après 10 ans de bouleversements révolutionnaires, il stabilise le pays et fonde le droit actuel pour la France et les nations qui composaient de l’Empire Romain. Le Code Napoléon fédère Révolution et Ancien Régime - autour de sa personne ! Dans la famille, par exemple, il renforce la domination du mari sur sa femme et ses enfants. La femme n’a d’existence légale que par rapport à l’époux. Aucune  initiative : interdite d’enseignement public, punie de prison pour adultère et avortement (le mari, une simple amende) ; devoir conjugal obligatoire, pas de viol entre conjoints et le divorce illégal… Rétablissement des finances avec la création de la Banque de France (1800), et son monopole d'émission des billets ; puis la Cour des Comptes. La loi du 28 pluviôse an VIII (19 février 1800) conserve les départements, hérités de la Révolution, fraîchement subdivisés en cantons. À chaque niveau on trouve un fonctionnaire public (nommé) ainsi qu'une assemblée consultative (élue). Rétablissement de l’esclavage. La société nouvelle se veut bâtie sur le talent et le mérite et, dans une certaine mesure, sur la fortune foncière.Travail de titan pour centraliser les pouvoirs autour du chef : la Révolution est couronnée ! « Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu’on déclarait qu’un dictateur était nécessaire pour sauver la République. ». Le DIRECTOIRE, en déliquescence, mène au coup d'État des 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799) qui institue un Consulat devenu200px-Jean_Auguste_Dominique_Ingres_Portrait_de_Napoleon_Bonaparte_en_premier_consul.jpg rapidement à vie : sénatus-consulte organique du 28 floréal an XII (18 mai 1804) [ou Constitution de l'an XII], approuvé massivement par plébiscite confie le gouvernement de la République au Premier Consul Bonaparte avec le titre d'Empereur des Français, (héréditaire) : sacre à Notre-Dame de Paris,« roi du peuple», peint par DAVID évident symbole où trône la mère de Napoléon (alors qu’elle n’y assistait pas) et signifie l’auguste négligence à l’égard du pape, bien en retrait, en posant lui-même le trophée sur la tête d’une épouse plutôt étourdie !

L’innovation s’établit au profit du despotisme : disparition de la liberté d'opinion (journaux, livres, pièces de théâtre objet soumis à la censure). Pour pouvoir durer, le régime doit reposer sur un État structuré dans lequel les citoyens ont confiance. La justice devient discrétionnaire. Cependant l'égalité de tous devant elle n’est pas remise en cause. Les juges sont élus par les citoyens. La direction des esprits est complétée par la mainmise sur l'Église de France, (voir le CONCORDAT 1801), chargée d'enseigner le catéchisme impérial. Les lycées de garçons ont été créés en 1802 à partir des plus importantes écoles centrales.

Quant à la Noblesse d'Empire, à l’inverse de l'ancienne, elle privilégie valeur et aptitude excluant les privilèges, hormis ceux qui marquent l'utilité sociale de quelques-uns : 59 % des 3263 ennoblis sous l'Empire furent des militaires, 22 % des hauts fonctionnaires, préfets, évêques ou magistrats, 17 % des notables, membres des collèges électoraux, maires ou sénateurs. On tente d’appâter les nobles de l'Ancien Régime. Les caricaturistes anglais se régaleront de ces fastes au son du tambour et d’un maître qui usait des bonnes manières au gré de son caprice ! C’est la bourgeoisie qui tire son épingle du jeu : institutions politiques et universitaires (fonctions administratives). Soutiens aux industriels, aux négociants, aux financiers pour la prospérité générale. Les notables, comme les gentilshommes d'avant 1789, dirigent une multitude de fermiers et métayers, ruraux etc.… Les gros fermiers connaissent une relative aisance, due à l'achat de biens nationaux et à la hausse du prix du grain - comme sous l’Ancien Régime, la plupart des paysans ne possèdent pas leur terre. La conscription allège le chômage des jeunes réduits à la mendicité suivant les crises. D’ailleurs, si les ouvriers, sont soumis à une législation comme sous l'Ancien Régime, interdiction des grèves et des coalitions, livret délivré par la police, en revanche, leur condition économique s’améliore, la hausse des salaires dépassant celle du prix du pain, le « pain du despotisme » n'est pas cher ! Quelques compagnons parviennent à gravir l'échelle sociale. Des ouvriers qualifiésb3-4.jpg réussissent à s'établir à leur compte.

Si le paysage industriel reste encore marqué plus par les petits ateliers que par les usines, celles-ci se multiplient. La guerre continuelle n'interdit pas la croissance de certains secteurs qui connaissent un « démarrage » annonciateur de la révolution industrielle du XIXe s. Ainsi, l'industrie cotonnière ou chimique qui lui est en partie liée. Là sont à l'œuvre « les aventuriers du siècle », comme les frères Ternaux, leurs fabriques de draps à travers la France et concentrent dans leurs usines machines à filer le coton, à le tisser et à le blanchir. Richard Lenoir produit, à Paris et en Normandie, du coton filé, des calicots, des basins et des piqués. Avec ses milliers d'ouvriers, il dispose d'un capital de 6 millions de francs et d'un revenu de 50000 F. De ce fait il siège au Conseil général du Commerce, créé par le régime pour développer l'économie, et participe aux expositions qu'organise le gouvernement.L'élévation du niveau de vie de l'ensemble de la société se traduit par un essor démographique contribue à la prospérité économique, que favorisent aussi la stabilité de la monnaie assurée par la loi du 7 germinal an XI [28 mars 1803] qui fixe le poids du franc, le soutien du gouvernement à l'économie et la politique extérieure de Napoléon. La société napoléonienne est une société hiérarchisée non en fonction des ordres mais en fonction de la fortune et de la notabilité : dualité entre une élite (environ 100. 000 personnes), citoyens les plus riches, et l'essentiel de la population. Sur cette base se construit l'édifice politique. Des listes de sommités, établies dans chaque département, contenant les 600 les plus imposés, donc les plus riches, pour la désignation aux diverses fonctions jusqu'à la composition des assemblées. C'est un vivier dans lequel l'État puise ses fonctionnaires zélés, pour le représenter. Enfin, Napoléon instaure les titres inspirés de l'ancienne noblesse : dans la foulée de LA LÉGION D'HONNEUR et des sénatoreries viagères, savante fusion de la noblesse d'Ancien Régime et la bourgeoisie révolutionnaire pour instaurer la fine fleur immuable et fidèle au régime impérial.

Lassés par 1789 et la corruption du Directoire la France a-t-elle préféré le généreux patrimoine d’un Empereur mécène à la LIBERTÉ ? Avait-elle le choix ?

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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