Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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FOI et POLITIQUE

d'après les Conférences d'ALAIN HOUZIAUX, pasteur

protestantsdanslaville.org/

2 Chrétien Démocratie et désobéissance
 

      En fait, l'État, tel que le présentent la Bible et les théologiens (y compris les Réformateurs), n'est pas un état démocratique : le pouvoir de l'État met en œuvre le pouvoir et la justice de Dieu, non ceux des hommes. D'après la Bible, ceux qui exercent le gouvernement doivent être mandataires non du peuple mais de Dieu.  Cependant la Bible a élaboré cette théologie apparemment antidémocratique parce que la démocratie était inconnue en Israël. Quant aux Réformateurs, ils ont préconisé une conception démocratique de l'Église (le sacerdoce universel) parce que que l'Église  puisqu'elle tient son autorité et sa légalité de Dieu seul en réceptacle de sa Parole. Néanmoins, le message biblique énonce que tout homme est « à l'image de Dieu » (alors que les religions de l'époque accordaient ce privilège aux seuls rois) et que tout homme a la mission de régner sur le monde (Genèse 1, 28). Ainsi, fondamentalement, le message biblique ne reconnaît aucune hiérarchie : (Romains 2,11) et il n'y a ni maîtres ni esclaves (Éphésiens 6, 9). Cela ne veut pas forcément dire que le message biblique préconise que la loi doit être obligatoirement celle de la majorité. En effet, pour la Bible, l'homme isolé a autant de poids que l'unanimité (cf. Le prophète seul contre tous, cf. la brebis perdue qui a, à elle seule autant de poids que le reste du troupeau). Or, dans une vraie démocratie, il doit y avoir multiplication et diversification des lieux de pouvoirs et de responsabilités (tout comme dans l'Église il y a multiplicité et diversité des charismes et des ministères) de telle sorte que chacun puisse faire entendre sa propre voix.

Les chrétiens sont-ils conservateurs ?

 Pourquoi l'attirance de la plupart des théologiens et des croyants pour l'ordre et le conservatisme ? L'ordre, c'est maintenir ce qui est originel (« ordre », comme « ourdir », aurait pour racine « oriri » c'est-à-dire « naître »). Être conservateur, ce serait se soumettre au Dieu créateur et à la création telle qu'elle était au commencement. La notion d'ordre fait le lien entre l'éternité et la perfection de Dieu d'une part et le gouvernement de l'histoire d'autre part. Et serait la forme visible de l'obéissance à dire à Dieu. Certes, cette conception peut être confortée par une certaine lecture de Romains 13, mais on peut aussi remarquer que, par ailleurs, Paul préconise : soit la soumission mutuelle, soit le renversement des hiérarchies (il faut être esclave de l'esclave Christ et non des Césars).
Les chrétien sont-il être révolutionnaires ? jesus-guerison-malade_u10619088.jpg

 D'où vient cette attirance des courants hétérodoxes juifs et chrétiens pour la Révolution : les Cathares, les Albigeois, Maître Eckhart, les Hussites, Münzer, les Illuminés, Baader, Tolstoï... ? Dans la foi judéo-chrétienne, Dieu est plus le Dieu d'une espérance utopique, messianique et eschatologique que le Dieu de la conservation de la création originelle. Le Royaume de Dieu, figuré sous la forme d'une ville, JÉRUSALEM, sera autre que le monde originel et s'établira comme une rupture révolutionnaire par rapport au cours de l'histoire. Le Jour du Seigneur, Dieu abattra l'arrogance des tyrans et brisera le sceptre des souverains (Esaïe 13, 11). Cette violence se retrouve dans le Magnificat. Ainsi, sur le plan politique, le judaïsme et le christianisme pourraient conduire à une forme d'utopie anarchiste. « Le Messie brise l'histoire ; le Messie ne vient pas à la fin d'une évolution » (W. Benjamin, théologien et politologue juif, 1892-1940). Le christianisme fut, dans les premiers temps, « un mouvement messianique révolutionnaire » dont le message attendait l'avènement imminent du Royaume de Dieu. La communauté chrétienne primitive était une « libre confrérie de pauvres », intensément hostile à toute autorité. Ce n'est qu'après qu'est venue la réconciliation croissante de l'Église et de l'État. L'abandon, dans l'Église officielle, de cette théologie révolutionnaire et anarchiste est liée au recul de l'espérance en l'imminence du Royaume. Et le conservatisme prôna, au nom même (ô ironie !) de ce Royaume qu'invoquaient les révolutionnaires : « toutes les révolutions sont contre le Royaume de Dieu, parce qu'elles nient l'autorité du père » (J. Stahl, 1854).

    A partir du moment ou on met en doute toute AUTORITÉ – qu’elle vienne du ciel ou de la terre : «Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes ». Mirabeau. On aboutit au « Ni Dieu, ni maître » des anarchistes. Posons, donc, la question :

Le droit à la désobéissance, jusqu'où ?

70d85f35a1fdc0ab701ff78779306407-2.jpgLa désobéissance d'Adam et Ève
La Bible commence par un récit de désobéissance à Dieu : Adam et Ève ont « croqué la pomme ». Or, la désobéissance, peut être considérée comme la condition de la libération, de l'accès à l'indépendance. Adam et Ève parviennent à l'autonomie, par eux-mêmes et non par une grâce octroyée. Si la liberté est concédée, est-ce «LA » liberté ? Dieu n'a pas « donné  la liberté » à l'homme : Dieu a laissé à l'homme la possibilité de conquérir sa liberté. Adam et Ève sont devenus suffisamment autonomes pour être « mis au monde » : Dieu leur a confié la responsabilité pénible mais aussi quasi divine de transformer le monde et de faire progresser l'Histoire (Gen. 3. 15-19). Dieu a donc avalisé la désobéissance d'Adam et Ève.
La désobéissance de Jésus
. Jésus veut dénoncer un « abus » c'est-à-dire un usage abusif de la loi. Le sabbat ordonnait le droit au repos et à l'adoration de Dieu. Il n'ordonnait pas le droit à non-assistance à personne en danger.  (parabole du samaritain)
. Jésus agit en objecteur de conscience. Il refuse d'obéir à la loi du sabbat si cette loi l'oblige à désobéir à ce qu'il considère comme un devoir de conscience. Il enseigne une la liberté vis-à-vis des lois qui paraissent injustifiables et même immorales.
La désobéissance de Jésus a été garantie par Dieu : Il l'a ressuscité alors qu'il avait désobéi à la loi de Moïse. Le choix de la liberté et de la désobéissance inclut l'acceptation du châtiment qui en découle : c'est la grandeur du choix de la liberté.
A contrario, dans ces conditions, : comment devient-on tortionnaire ? Car le refus de désobéir peut conduit à le devenir en toute bonne foi.
Après la guerre 1939-45, le psychosociologue Milgram a tenté de comprendre comment les officiers allemands avaient tant torturé sans être naturellement cruels - mais ils ne savaient pas désobéir.
Par une expérience devenue célèbre (et rapportée dans le film « I comme Icare » d’Henri Verneuil 1979), il l’a prouvé : nous presque tous nous nous transformons en bourreaux, non par insensibilité, mais par simple obéissance. Milgram recruta, par petites annonces, des volontaires pour « participer » à une étude scientifique : un « supérieur » ordonnait d'administrer des décharges électriques à des élèves cobayes lorsque ceux-ci ne réussissaient pas à mémoriser une suite de mots (en réalité ces décharges étaient fictives, mais les gens ne savaient pas). 70% se conformaient à l’injonction. 40% acceptaient d'administrer des chocs qu'ils savaient extrêmement dangereux. Pourquoi ? Au nom d'un impératif apparemment louable, ils n’ont contrevenir à l’oukase  magistral.
Souvenons-nous : le protestantisme et la Résistance ont commencé par des actes de désobéissance.
Donc, le devoir de désobéissance, à partir d'où ?: à partir du moment où ce que l'on vous demande vous paraît intolérable.
L'obéissance pose le même problème que la tolérance. A partir de quel moment je ne peux plus tolérer d'obéir ? Il n'y a pas de réponse générale. On peut simplement dire : lorsque cela heurte mon « for intérieur », c'est-à-dire le tribunal de ma conscience personnelle et de mon intime conviction.

Antoine Fignes

 


Catégorie : ARTICLES - ACTUALITE
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par hypothese le 06/04/2013 @ 21:50
Oui, je mets en doute toute autorité. D'ailleurs je n'ai pas trouvé d'autorité sur la terre car l'autorité a partie liée à la justice, et il n'y a pas de justice sur la terre. Les hommes politiques s'en rendent de plus en plus compte qui s'étonnent de ne pas être reconnu comme légitime alors qu'ils sont élus!
Je ne reconnais qu'une seule autorité : ma conscience. Je crois que Dieu parle au travers de la conscience, mais c'est une conscience extrêmement exigeante qui me fait marcher à côté de mes contemporains et non au-dessus.