Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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PROMENADES dans le PARIS PROTESTANT (1)

  Rue de l’amiral de Coligny
172px-Gaspard_II_de_Coligny.jpgVous qui me lisez connaissez-vous l’amiral de Coligny ? Anne Cendre (2) nous raconte : « Une dame m’explique que l’amiral a été assassiné pendant le Massacre des Innocents. Je ne la contredirai pas. N’est-ce pas sympathique qu’on considère les Réformés comme des Innocents ? ». Voici l’un des plus illustres martyrs de la foi Réformée, l’amiral Gaspard de Coligny (1519-72). Un amiral qui n’avait pas combattu en mer ( ce titre n’avait qu’honorifique). Charles IX  (appuyé par sa mère Catherine de Médicis ?) tente de le faire assassiner le 22 août 1572 : l’amiral n’est que blessé et soigné par le médecin protestant Ambroise Paré (voir 10e arrondissement). Il n’échappera pas au massacre de la Saint-Barthélemy, deux jours plus tard.
      Alexandre Dumas compose, dans La « Reine Margot »,  une scène d’un funèbre : « Ah te voilà donc, Gaspard , dit le duc de Guise triomphant ; tu as fait assassiner mon père, je le venge. » Et il osa poser le pied sur la poitrine du héros protestant. Mais aussitôt les yeux du mourant s’ouvrirent avec effort, sa main sanglante et mutilée se crispa une dernière fois, et l’amiral, sans sortir de son immobilité, dit au sacrilège d’une voix sépulcrale : « Henri de Guise, un jour aussi tu sentiras sur ta poitrine le pied d’un assassin. Je n’ai pas tué ton père. Sois maudit ! ».            
Accoté contre le temple de l’Oratoire, le monument de Coligny érigé en 1889, grâce à une souscription publique, sculptée par Gustave Crauk dans ce style emphatique de la fin du 19e siècle. Coligny debout, en uniforme d’apparat, le collier de l’ordre de Saint Michel, le bras droit replié : « le bras qui s’abaissait pour chercher son épée s’est arrêté pour interroger son cœur ». A ses pieds deux femmes: l’une, la patrie, une couronne avec le nom et la date de Saint-Quentin, ( siège contre les Espagnols) ; l’autre, la religion en deuil avec une palme et la date de la Saint Barthélemy. Une Bible est ouverte entre elles. La devise de Coligny, « Je les espreuve tous ».
                
Paris a deux rues consacrées à des pasteurs, alors qu’il y a des dizaines de rues ou autres d’ecclésiastiques catholiques, plus les saints et saintes : le pasteur WAGNER, située le long du Foyer de l’âme, temple qu’il avait fait construire au début du siècle dernier. Dans le 16e arrondissement la rue du pasteur BOEGNER. En 1980, dix ans après sa mort, on ne lui a accordé que le bout de la rue Cortambert, prés du temple de Passy-Annonciation où il prêcha durant des décennies. Lorrain, Marc Boegner (1881 1970), respecté pour son intelligence, son courage et sa bonté - jusqu’en dehors des milieux protestants. Pendant des années, il a présidé à la fois la Fédération protestante de France et le conseil national de l’Église réformée de France, c’est-à-dire les plus hautes instances du protestantisme français. En 1940, après l’armistice, il s’installe à Nîmes, en zone libre: il se battra inlassablement pour aider les prisonniers résistants et les juifs, intervenant personnellement aussi bien à Vichy auprès de Pétain et Laval que dans les camps d’internement. Son rôle lui a d’ailleurs valu d’être nommé Juste parmi les nations par Israël.

Dans le 17e arrondissement, il y a une Villa GUIZOT193px-Guizot_Franois_-_2.jpg
François Guizot, né à Nîmes en 1787, petit-fils d’un pasteur du Désert et fils d’un avocat qui s’engagea sans la Révolution. (Girondin exécuté sous la Terreur). Lorsque Charles X (et sa Terreur Blanche) furent chassés, il rallia Louis-Philippe Ier « roi des Français » tout au long de son ministère (1830-48) : il posa les jalons de l’école communale dans toute la France. Élu à l’Académie française, lorsqu’il reçut le père Lacordaire, dominicain, au fauteuil de Tocqueville, l’impératrice Eugénie vint l’écouter. « Le cabinet Guizot, ce ministère né dans la crainte de la guerre est mort dans la crainte de la révolution », dira Victor Hugo. Et un habitant ne connaissait même pas Guizot !

Par contre HAUSSMANN est sans doute plus célèbre à cause du long boulevard (de son vivant) où logent deux des plus grands magasins de la capitale. Georges Eugène Haussmann issu d’une famille protestante depuis la Réforme Luthérienne, d’origine allemande, puis alsacienne, s’installa en France au 18e siècle. Son père fut général d’Empire, fidèle à la foi de ses ancêtres, épousa une protestante, d’origine suisse…
Haussmann (1809-91), préfet de la Seine (1853-70), a métamorphosé démesurément Paris : la place de l’Étoile, ses 12 avenues et celle de la Nation, la plupart des grands boulevards, les bois de Boulogne et de Vincennes, les parcs des Buttes Chaumont et de Montsouris, les Halles, (démolies il y a 30 ans), les squares, les mairies en forme de châteaux, le musée Carnavalet. Vastes déblayages pour mettre en perspective Notre Dame, l’Opéra ou les gares, des avenues bordées d’arbres, alignements d’immeubles aux façades cohérentes etc. ! Napoléon III, lui pensait aux dégagements des petites rues pour éviter les barricades encore toutes chaudes de la Seconde République (1848).
      Dans le 17e arrondissement, un nom Protestant la rue de SAUSSURE. L’ancêtre, Antoine de Saulxures (1514-69), arriva de201008311763_w350.jpg Lorraine en Suisse pour échapper aux persécutions contre les Réformés. Celui qui a donné son nom à la rue est Horace-Bénédict « Saussure » (1740-99), de la branche genevoise. Il premier savant à escalader le Mont-Blanc. Son arrière petit-fils, le célèbre linguiste, Ferdinand de Saussure (1857-1913) dont les cours ont inspiré Lévy-Strauss, Merleau-Ponty ou Lacan. L’envoûtante Delphine Seyrig (1932-90), dont la mère Hermine de Saussure fut navigatrice et femme de lettres. Eric de Saussure, peintre l’un des premiers membres de la communauté de Taizé où il vit toujours : il en a créé les vitraux et illustré plusieurs Bibles. Enfin, n’oublions pas le pasteur Jean de Saussure (1899-1977). En 1929, il publia à l’école de Calvin, un ouvrage qui fit date dans la relecture des enseignements : un renouveau théologique et spirituel protestant.

Autre bâtiment digne d’être répertorié plus profondément : le musée Jacquemart André, édifié en 1875 pour le banquier collectionneur protestant Édouard André et dont l’épouse, la peintre Nelly Jacquemart, augmenta les collections…

(1) vous trouverez, ici même, dans « Spiritualité » la nature du Protestantisme.
(2) « Lorsque je suis arrivée à Paris , j’ai souhaité mieux connaître cette ville fascinante: j’ai proposé à la radio Fréquence protestante des émissions concernant les rues de Paris portant un nom protestant. Et je suis partie avec mon bâton de pèlerin, tous les mois, à la découverte d’un quartier, commençant évidemment par la rue Calvin. Mes pérégrinations ont duré plus de sept années ». Et un éditeur m’a proposé de publier mes textes. En voici donc le résultat :
Anne Cendre : «  Promenades protestantes dans Paris » Éditions Labor et Fides (les bénéfices des droits d’auteurs sont reversés à la radio « Fréquence Protestante » dont vous trouverez le lien sur ce site)


Antoine Fignes


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