Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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L'ASCENSIONGiottoAscension.jpg

   MARC: «  Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. (16.19)
   MATTHIEU, ignore l'Ascension et affirme au contraire que jamais Jésus ne quitte les siens : «  Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde  » (28.20)
   C'est LUC, contemporain de Matthieu, qui développera véritablement le symbole de l'Ascension :
« Pendant qu'il les bénissait Jésus se sépara d'eux et fut enlevé au ciel. Luc 24.51
 « Il fut élevé pendant qu'ils le regardaient et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les yeux fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, deux hommes en vêtements blancs se présentèrent à eux et dirent :
« Pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de  vous, reviendra de la même manière dont vous l'avez vu aller au ciel ». Actes 1.9-11.(Luc)
     Cette phrase peut paraître triviale mais elle symbolise parfaitement la fête de l’Ascension :
Le saint Esprit suppléera, dans la pensée de Luc, à l'absence de Jésus
Jésus dit : « J'enverrai sur vous ce que mon Père a promis mais vous, restez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la Puissance d'en haut. » Luc 24.49
   Le vocabulaire de JEAN montre qu'il pense tout naturellement à une montée vers le ciel lorsqu'il écrit :« Jésus dit (à Marie ) : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père » Jean 20.17
      La commémoration de l'Ascension manifeste donc la glorification du Christ, désormais assis à la droite de Dieu, ce que la fête de Pâques signifie déjà. Elle exprime son absence au monde relevée par le Saint Esprit, (Pentecôte). Cette célébrerions est en double emploi avec Pâques et Pentecôte. Mais elle a un intérêt pédagogique certain : Normalement chacune nous aiguille sur les orientations du ministère du Christ.
      Pourtant, la fête de l’Ascension est la moins commémorée chez les protestants, plus particulièrement Réformés : événement qui n’occupe guère de place dans les textes évangéliques… Comment peut-on croire en effet que Jésus est monté au ciel comme une fusée ?
   On médite sur l'image de la « montée au ciel » de l'homme Jésus, répondant en quelque sorte à l'image de la « descente sur terre » de Dieu à Noël.
  Noël désigne plutôt le lien de Dieu avec l'humanité et l'Ascension le lien de l'humanité avec Dieu.
    Souvent les récits bibliques empruntent des chemins mythologiques qui peuvent transformer leur « sanctification » et leur glorification en autant d’«épopées » équivoques.
En 2011 notre foi devrait-elle dépendre des conceptions et contextes culturels qui n’ont d’ailleurs rien d’évangélique ou chrétien, correspondant à une vision du monde qui n’est plus la nôtre ?
    N’allons pas jusqu’à rayer ces passages bibliques sous prétexte qu’ils sont en contradiction avec ce que la science nous enseigne aujourd’hui. Apprenons plutôt à laisser interpeller notre foi le long des charmilles à décrypter : retrancher de la Bible ce qui contrarie notre vision actuelle de l’univers, l’expurger et la censurer au nom de la raison, c’est la réduire à une peau de chagrin.. Un texte biblique, inséré dans univers archaïque peut néanmoins enseigner toujours en profondeur.
   Regarder au « ciel » ?
        Un sens très souvent retenu s’inspire de l’épître aux Colossiens de PAUL : « Cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Pensez à ce qui est en haut et non à ce qui est sur la terre. » (3,1-2)
    Cela, ne pourrait-il pas nous conduire à un  spiritualisme désincarné en contradiction flagrante avec le christianisme religion, par excellence, de l’incarnation. Notre foi, selon Albert Schweitzer, est faite de tendresse pour la création de Dieu, exprimée par la charité, la justice et l’amour, et détachement : nous sommes orientés vers l’Espérance active qui nous anime sur une terre à laquelle nous ne saurions être purement et simplement asservis.
    Une des paroles significatives, sorte de mise en garde à cet égard, est bel et bien celle des Actes des Apôtres : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » (1,11) Il sera préférable, dans cette montée de Jésus au ciel, avec toute l’allégorie sous-entendre dans ce mot « ciel », de considérer que Jésus nous échappe, n’est pas en notre pouvoir.
   Jésus ou Dieu, le tout premier, compris comme Transcendance, nous demeurent inaccessibles et nous ne saurions l’enfermer dans nos verbes démunis ni l’atteindre par nos définitions, aussi justes et orthodoxes seraient-elles. Dieu nous dépasse infiniment.
Jésus n’est pas dans le pain et le vin de la Cène
    L’Ascension de Jésus a été utilisée par les Réformateurs Zwingli, d’abord, puis Calvin, pour contester la présence réelle, de Jésus dans le sacrement de la Cène. C’est un sens décisif, selon eux, à retenir de l’Ascension. Si Jésus est au Ciel, il ne saurait être en même temps, et de manière corporelle, présent dans le pain et dans le vin. C’est un point important qui opposera d’ailleurs très vivement Zwingli, le Réformateur de Zurich, à Luther. Le point d’accord en la matière entre les protestants réformés, évangéliques, luthériens étant le refus catégorique du sacrifice de la messe. Les controverses entre protestants et catholiques graviteront longtemps autour du différend, central, concernant la cène.
 Quand Jésus déclarait « ceci est mon corps », il désignait comme signe son corps mortel ; le manger comme tel aujourd’hui deviendrait alors trop aberrant, puisque reconnaître que Jésus est au « ciel », cela signifie que Jésus a désormais un corps « immortel » …
L’Ascension et Noël
    À Noël, on peut dire, de manière emblématique, que Dieu, en Jésus, descend vers l’homme ; à l’Ascension, en Jésus, l’être humain est élevé à Dieu.
Il y a ainsi à travers le parcours des Évangiles une humanisation de Dieu : Dieu est devenu humain pour que l’homme puisse devenir divin.
  L’Ascension devient ainsi magnifiquement le fondement d’un humanisme christique et chrétien. En Jésus, Dieu n’existe pas sans l’homme, ni l’homme sans Dieu.

D’après Laurent Gagnebin pasteur directeur de la rédaction du mensuel protestant « Évangile et Liberté » mai 2011

 

Anne-Flore Urielle
 


Catégorie : ARTICLES - SPIRITUALITE
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