Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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MARTHE RICHARD
MARTHERICHARD.jpget les « FAITS DIVERS »

     Intrépide, notre télévision nationale s’attaque, opiniâtrement aux sujets les plus scabreux ! Ainsi a-t-elle choisi la seconde partie de la vie d’une certaine Marthe Richard – dont on voit des extraits concernant la guerre de 194/18 (adapté au cinéma en 1937 par Raymond Bernard « Marthe Richard, au service de la France » avec Edwige Feuillère et Éric von Stroheim)- première partie de ses « aventures ».
Marthe Richard est née Betenfeld (1889 1982).En 1907, Henri Richer, mandataire aux Halles, riche industriel, épouse cette « prostituée » ( ?) qui fait table rase de son passé et devient une respectable bourgeoise de la Belle Époque dans son hôtel particulier de l'Odéon. Sa demande à être rayée du fichier national de la prostitution est refusée. Son mari lui achète un avion et Marthe Richer obtient son brevet de pilote en juin 1913 (n°1369), devenant la sixième Française à obtenir ce diplôme.   
1916, veuve de guerre, Marthe Richer raconte qu'elle devient, grâce à son amant Jean Violan (jeune anarchiste russe appartenant au Deuxième Bureau), espionne sous les ordres du capitaine Ladoux. 1926, fréquentant les immigrés anglais vivant à Paris, elle épouse le Britannique Thomas Crompton, directeur financier de la fondation Rockefeller, mécène de la restauration du Petit Trianon, qui meurt subitement (1928). Or, il avait pris des dispositions testamentaires… Elle publie, alors, sous le pseudonyme de « Richard », un best-seller : « Ma vie d'espionne au service de la France ». Après cinq années à courir les cabinets ministériels, son amant Édouard Herriot, chef du gouvernement de l'époque, obtient  la légion d'honneur à Madame veuve Crompton dans la catégorie Affaires étrangères, avec la mention : 1933 : « Services signalés rendus aux intérêts français ». Cette mention conforte le mythe de l'espionne alors qu'il s'agit d'honorer à travers elle Thomas Crompton et les dons financiers de la Fondation Rockefeller. Selon toute apparence, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle n'est pas inquiétée par l'occupant nazi, pour la simple raison qu'elle est inconnue des services allemands. Été 1944, elle se fait intégrer dans les Forces Françaises de l'Intérieur, se forgeant ainsi un destin de grande résistante qu'elle racontera dans plusieurs de ses mémoires. « Héroïne » des deux guerres, elle est élue conseillère dans le 4e arrondissement de Paris sur la liste de la Résistance Unifiée (proche du MRP). Bien que mentionnés sur des documents officiels, ses hauts faits de résistance ont aussi rencontré beaucoup de scepticisme par leurs contradictions troublantes. Marthe Richard dépose le 13 décembre 1945 au conseil municipal un projet pour la fermeture des maisons closes. Sa proposition est votée et le préfet Charles Luizet décide de fermer les maisons du département de la Seine dans les 3 mois. Encouragée, elle commence une campagne de presse pour le vote d'une loi généralisant ces mesures.
Le 9 avril 1946, le député Marcel Roclore présente le rapport de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, et conclut à la nécessité de la fermeture. Le député Pierre Dominjon dépose une proposition de loi dans ce sens.Votée le 13 avril 1946, le fichier national de la prostitution est détruit et environ 1400 établissements sont fermés, dont 180 à Paris : le « Chabanais » (2e arrondissement, connu depuis 1820), le « Sphinx », la Rue des Moulins, le « One-two-two » mais aussi les sinistres maisons d’abattage comme le « Fourcy » et le « Charbo »... Beaucoup de tenanciers de maisons closes se reconvertirent en propriétaires d'hôtels de passe. La prostitution devenant alors une activité libre, seule interdiction : le proxénétisme et ses manifestations visibles. Après quoi, les services à la nation de Marthe Richard sont remis en cause : l'inspecteur de la Sûreté nationale Jacques Delarue, « spécialiste » des faux héros de guerre, enquête deux ans avant de l'accuser d'organisation de malfaiteurs, vol de bijoux et recel en juin 1954. Emprisonnée à la Petite Roquette, elle bénéficie d'un non-lieu en 1955.
Marthe Richard enchérit, fonde un prix de littérature érotique, le prix « Tabou », publie des livres dont « Appel des sexes » en 1951 dans lequel elle revient sur ses positions : considérant qu'elle a été manipulée par Léo Hamon et Pierre Lefaucheux, chefs de son groupe de Résistance, elle n'est plus contre la réouverture des maisons closes.
Elle continue ses conférences sur sa « vie d'espionne ». En février 1971, invitée aux « Dossiers de l'écran » on y remet en question son passé d'aviatrice, d'espionne et de résistante. Pour se justifier, elle publie début 1974 ses derniers mémoires, « Mon destin de femme ». Après avoir retrouvé le devant de l'actualité en 1978-1979, lors d'une controverse sur la réouverture des maisons closes où elle ne brille pas par sa clarté, Marthe Richard mourra presque inconnue… C’est pourquoi, on s'interroge : traduire une réalité aussi complexe en téléfilm d’un peu plus d’une heure ? Thierry Binisti évoque méticuleusement, grâce à la maestria de Clémentine Célarié la personnalité énigmatique de Marthe Richard, mais tout semble limité à une sorte de duel de la protagoniste avec l'inspecteur de la Sûreté nationale Jacques Delarue…

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Marthe Richard, miette de l’Histoire, se rangerait plutôt sous la rubrique de célèbres « faits divers » (ou « chiens écrasés » pour les plus philosophes). Là, cependant, on peut sonder la fascination exercée par ces broutilles populaires, illustres ou criardes de l’« affaire Dominici » à celle de Nantes aujourd’hui : outre « la vente de papiers » (encore une question sur le nombre de journaux qui sombrent dans ce mouillage marécageux, monomanie sinon marotte fabriquée ou songe-creux …).Loin de la moindre empathie comment y analyser une impudente curiosité : d’où naît-elle ? Assurément investie et caressée par la télévision. Quel motif s’empare-t-il de la foule pour raffoler et s’enfiévrer autour de circonstances ou de vétilles qui ont l’air si captivantes ?
Identification ou transfert déplacé et morbide. A l'opposé de la moindre charité ou altruisme, chacun se prend pour un enquêteur et l’Internet boursoufle, et fermente un incident mineur en épisode scandaleux ! Pourquoi tant de gens s'enivrent-ils du « sang à la une » ? Pourquoi les médias y consacrent-ils tant de temps ? Une telle étendue, une telle longévité ? Est-ce plus facile, pour les journalistes, que de se pencher sur les tenants et les aboutissants d’une pauvreté galopante ou un capital vorace ? Veule abdication du « quatrième pouvoir face à une présidence qui se prétend toute puissante et l’a prouvé ? …Devant ce manque de recul de cet horizon primaire et obscurément irrépressible, nos éminents sociologues sont invités à agir ! Nous apprendre le sens critique contre des commentateurs qui ont depuis longtemps oublié leur vocation. Que ceux qui lisent ces lignes mesurent les alinéas octroyés aux « scoops » par rapport à un approfondissement de telle ou telle question fondamentale de société : par exemple l’explosion du nombre de ceux qui en sont réduits aux « Restau du cœur » (ou autres associations) – et parmi eux tant de jeunes ; le nombre d’appartements et de bureaux vides tandis que de pauvres ères sont soumis aux lois de la rues – et nous fermons les yeux pour ne pas les voir… sans compter les émigrés considérés comme « parasitant » notre pays ! Et les prisons trop pleines.… Tous les sondages qui doutent des chroniqueurs et de leur complicité avec les hommes politiques seraient-ils erronés ?

Voir les deux pages du "Réforme" (hebdomadaire protestant) du 5 mai 2011 : deux pages sont consacrées à une réflexion sur cette hypnotisme à l'égard des faits divers.

Antoine Fignes


Catégorie : ARTICLES - TELEVISION
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