Texte à méditer :  
« Ce toit tranquille, où marchent les colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer toujours recommencée !
O récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux !
…Le vent se lève ! il faut tenter de vivre !... »
Paul VALERY  « Le cimetière marin »
  
 
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« Les choses sont nombres » Pythagore

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24 AOÛT 1572 /24 AOÛT 2012 SAINT BARTHÉLEMY

Réconciliation ?

Le monde s’est toujours déchiré entre « amis » et « ennemis »… Or, Jésus dans « La BONNE NOUVELLE », (L’Évangile) affirme :« Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis » (Matthieu 5,44) : la certitude qu’il y a d’un côté « les bons » et de l’autre les « méchants » paraît-elle à ce point rassurante, symbole de nos limites humaines ? Côtoyer ses semblables provoque souvent quelques heurts. Pour se protéger, l’instinct vital dresse des remparts de « non-amour », sinon de haine : ainsi recroquevillé nous préférons croire à l’impossibilité de toute paix à l’encontre de confiance en la parole divine. Nous avons peur d’être balayés par le souffle de l’Esprit Saint qui pardonne et dénoue, remettant tout en question. Dans « enfermement » il y a « enfer »... Seul Dieu nous offre la libération – si nous nous abandonnons à Lui. Non à la licence d’assouvir nos caprices, mais l’aptitude d’aimer les autres - « tous » les autres -  comme nous-même...

Jean_Calvin.jpg Le massacre de la Saint-Barthélemy s’abattit sur les Protestants à Paris,et en province,
le 24 août 1572, durant des semaines.

 Pourtant, dès l’apparition du luthérianisme et les thèses calvinistes François Ier (1494-1547) roi de la Renaissance française avait paru débonnaire. Mais en 1534 des placards : « Articles véritables sur les horribles, grands et importables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur, seul médiateur et seul Sauveur Jésus-Christ » - furent affichés non seulement dans les rues de Paris et d’autres villes mais surtout jusque sur la porte de la chambre royale : crime de "lèse-majesté" violemment réprimé - cause de l'exil définitif de CALVIN.
Son successeur, HENRI II, luttera à la fois contre le développement de la Réforme et CHARLES-QUINT : Charles de Habsbourg, archiduc d'Autriche, prince des Espagnes, souverain des Pays-Bas, roi de Naples et de Sicile... et surtout empereur du SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE (électif), tête de la chrétienté face à la poussée du monde musulman.
Après lui : 
François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574), Henri III (1574-1589)  règnent sous la Régence de leur mère CATHERINE DE MÉDICIS : en France, jusqu’à Louis XIV, chaque fois que le pouvoir royal s’affaiblit les nobles et surtout « LES GRANDS » en profitent pour tenter de s’emparer de cette toute-puissance. Quel festin quand on peut invoquer le prétexte de la religion ! Ainsi se détruisent les grandes familles et leurs clans aux dépends de la royauté : les Guise catholiques, duc de Montpensier, duc de Nevers, …et celui des protestants : Châtillon Montmorency, Henri de Navarre(futur HENRI IV), prince de Condé, Marie de Clèves…

Deux évènements précèdent la St Barthélemy

   che-16-gaspard2decoligny-clouet.gif  La paix de Saint-Germain-en-Laye le 8 août 1570 qui met fin à trois années de guerres entre les deux partis : Catherine de Médicis et Charles IX, conscients des difficultés financières du royaume, acceptent l'amiral GASPARD de COLIGNY, chef des protestants, dans le Conseil Royal. D’où la tentative de son assassinat le 22 août 1572.
Pour concrétiser la paix Catherine de Médicis prescrit le mariage de sa fille Marguerite de Valois avec le prince protestant Henri de Navarre, 18 août 1572 en dépit des catholiques dévots exaltés, du pape ne  et du roi d'Espagne, Philippe II ! Or, tous les protestants sont invités à cette miraculeuse alliance. Or, ces guerres suscitent la misère des paysans et les suffocations urbaines c’est pourquoi l’apparat des noces royales amplifie l’animosité : tous les ingrédients sont en place pour la catastrophe...

Étrange coexistence entre ces accordailles et la tentative d’assassinat : Catherine de Médicis (nièce de pape) se défie de l’influence du huguenot Coligny sur son fils Charles IX. Peur de perdre le pouvoir – car c’est quasiment elle seule qui tente de gouverner : il faut une mesure intérieure et extérieure de salut public. L’anglicane Elizabeth 1ère soutient les huguenots et Philippe II d’Espagne (successeur de Charles-Quint) les catholiques. Ainsi, le Conseil Royal persuade le roi qu’il y a trop de huguenots haut placés : ne pourrait-on pas en éliminer quelques uns ? (on épargna les jeunes princes du sang, le roi de Navarre et le prince de Condé). Ensuite, les autorités municipales de Paris durent fermer les portes de la ville et armer les bourgeois afin de prévenir toute tentative de soulèvement, et le commandement confié au duc de Guise. Catherine_de_Medicis.jpg
La cloche du Louvre sonna le signal, le 23 août 1572, suivie des matines de l'église Saint-Germain l'Auxerrois. Et la cour Carrée du Louvre vit couler le sang des compagnons d'Henri de Navarre sous le regard de Charles IX… Car le « commando » du duc de Guise se précipita chez Coligny qu’on acheva et défenestra. (Rituel purificateur, son cadavre de, retrouvé par la foule, est émasculé, plongé dans la Seine où il pourrit trois jours avant d’être pendu au gibet de Montfaucon). Tandis qu’on égorgeait les nobles protestants logés au Louvre.

Ainsi se déclencha ce phénomène hallucinant d’une guerre civile cautionnée par le pouvoir : la dévastation ciblée des chefs se transforme en massacre général de tous les protestants, sans considération d'âge, de sexe ou de rang social : maisons pillées, cadavres dénudés et la Seine demeura rougie par leur sang pendant des jours. En province, les autorités fluctuent : le procureur du roi à Meaux encourageant l’hécatombe ; à Bordeaux le Parlement l’organise, à Toulouse le duc de Joyeuse, gouverneur, s’en réjouit avec zèle. Parfois, on tente de protéger les huguenots, en les mettant en prison (au Mans, à Tours) : celles-ci sont défoncées et les protestants tués (Lyon, Rouen, Albi). Les gouverneurs militaires contredisent ceux qui prétendent que le roi ordonne ces carnages mais cela ne les arrête pas toujours.

       En fait, au cours de cette hystérie collective, bien des comptes se règlent : dans une période où l’analphabétisme quasi général du peuple affrontait ceux qui lisaient la Bible en français (donc avaient appris à lire) et tenaient souvent le haut du pavé provoquant sans doute rivalité et envie – surtout chez les catholiques fanatiques très nombreux à l’époque (qui eux n’avaient pas le droit de lire la Bible !).

Quant au total approximatif des morts : 3.000 à Paris, et de 5.000 à 10.000 dans toute la France, voire 30 000 d’après Pierre Miquel. Jean Delumeau se demande comment le Protestantisme force avec épée et corps de doctrine, émergea quantitativement et qualitativement diminué et autant minoritaire. Hypothèse : ces moines mendiants prosélytes, dont se sont tant moqué Marguerite de Navarre et Rabelais, piliers d’un catholicisme moins malade qu’on ne le disait - entre autre.
Il fallut attendre l'avènement d'HENRI IV et surtout son "EDIT DE NANTES" en 1598 pour que les "Protestants soient tout juste acceptés ; car Richelieu leur fit la guerre à La Rochelle et Louis XIV révoqua cet Edit provoquant un véritable tremblement de terre...
"Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil dur les méchants et les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes... Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens n'en font-ils pas autant ?" (Matthieu chapitre 5 versets 43/48)

Narcisse Castel-Jarnac : 


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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