Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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LE BAUHAUS

LA REPUBLIQUE DE WEIMAR, démocratie parlementaire proclamée le 9 novembre 1918, deux jours avant la fin des hostilités de la Première Guerre Mondiale, le Bauhaus s’installe précisément à Weimar, ville de Goethe et de Schiller, dès 1919. Le patronyme, fusion entre « Bauen » (construire) et « Haus » (maison), correspondant aux guildes de maçons, bâtisseurs et décorateurs du Moyen Age (dont s’inspire la Franc Maçonnerie). Premier directeur, WALTER gropius.jpgGROPIUS (1883-1969), issu d’une lignée d’architectes protestants, connus, raffinée, sans snobisme, profilait le parangon de la culture allemande en quête d’harmonie entre matérialité et spiritualité… [Court mariage tumultueux avec Alma Mahler (mort de leur petite fille)]. Il participe à la guerre et se plongera dans un travail acharné avec l’espoir de réparer le monde par ses théories et son œuvre pédagogue. Déjà, sa première conception, l'usine Fagus, avec Adolf Meyer en 1911, avait pour but d’humaniser le travail à travers la rigueur des formes, acier et verres. Se joignirent l’architecte HANNES MEYER, écarté pour marxisme et LUDWIG MIES van der ROHE. Et, conséquence des aléas du temps, les lieux changèrent : Dessau, puis Berlin. A l’arrivée d’Hitler au pouvoir les élèves emprisonnés, les artistes et artisans ferment l’école le 20 juin 1933 et ceux qui le peuvent fuient aux USA.   

Généreuse utopie communautaire, le Bauhaus se promettait de sauver tous les arts de leur isolement en regroupant artisans et créateurs. L’artisanat aurait le même rang que les beaux-arts : «Le but de toute activité plastique est la construction …Architectes, sculpteurs, peintres nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n'y a pas d'art professionnel. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan… concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture…L’artiste est un artisan exalté ». Enfin s’accomplirait un contact constant entre les dirigeant des métiers manuels et les industriels du pays. A l’exemple des guildes aucune hiérarchie entre professeurs et élèves, les plus expérimentés aidant ceux qui en avaient besoin. Plus, l’objectif ultime de coordonner une microsociété qui servirait de modèle à la société future ! Certes, Gropius ne pouvait qu’adhérer au bouillonnement idéologique de l’époque. Mais le Bauhaus a toujours nécessité officiellement un apolitisme pour survivre. Administrateur efficace sa correspondance montre àBauhaus3-.jpg quel point c’était le centre de sa vie au moment où Il fallait tout remettre en question et recommencer à zéro.

L’élève, après avoir reçu une formation d’artisan, finaliserait ses projets de design sous la supervision artistique d’un professeur et pourrait retourner à l’atelier ou l’usine pour la réalisation de ses projets. Notons l’influence de l’Expressionnisme dans cette ferveur d’un art transformant le monde. Citons la nomination par Gropius, de professeurs célèbres : PAUL KLEE, « Pour enseigner je devais préciser avec clarté pour moi-même ce que j’avais fait en grande partie inconsciemment ». Ainsi expérimentait-il, avec ses élèves à la fois techniques, couleurs formes et images. KANDINSKY, déçu par ce que lui proposait l’Union Soviétique, nonobstant la méfiance envers son « Du spirituel dans l’art » (1911), l’intégration réussit. Témoignage d’un élève : « Kandinsky apprenait plus à voir qu’à peindre. Pour la plastique du dessin, il disposait seul ou avec l’aide d’étudiants une nature morte avec des planches de lattes, des tasseaux de bois, des règles, etc. Nous n’étions pas autorisés à copier la nature morte : ce qu’il demandait et attendait, c’était que nous traduisions en lignes de tensions, ou en structures, en tenant compte des qualités de légèreté ou de lourdeur depuis le bas jusqu’en haut… ». La richesse du Bauhaus naît de l’aptitude de Gropius à attirer les génies de son temps quelques que soient leur divergences : les débats qui s’en suivirent inaugurèrent un langage de l’architecture et du design dégagé des traditions des cent années précédentes.

Au-delà de l’idéal, les élèves devaient suivre d’abord un enseignement pour apprendre à maîtriser les matières de façon concrète. L’atelier de menuiserie : encadré par Gropius lui-même, puis Marcel Bauer, prend sa source dans un primitivisme expressionniste jusqu’à Bauhaus4.jpgl’ergonomie des jouets d’enfants (apport financier pour l’école). Le métal avec Schelmmer, Itten et Moholy-Nagy créa les concepts d’ustensiles célèbres : lampes, services à thé et café… Le textile sous la direction de Georg Muche et une maitresse des techniques Helene Börner d’un non-conformisme foisonnant aux styles entre folklore et abstraction. La peinture murale l’un des but du Bauhaus sous l’égide fulgurante de Kandinsky, entre autres. L’enseignement reposait sur des exercices de décorations murales pour des espaces intérieurs et extérieurs. Ils étaient destinés à développer un sens de la couleur intégré à l’architecture. Le travail pratique était complété par des discussions sur la nature de la couleur et ses relations à la forme. La céramique : toujours primitivisme et traditions locales ! Un temps fort : imprimerie, graphisme et publicité avec LYONEL FEININGER, mine de revenus non négligeables – ainsi que l’atelier de photographie fondé plus tardivement ! Etonnamment, le vitrail espace considérable offert à l’expressionniste. L’architecture, face à l’académisme une vision fonctionnelle efficace et limpide comme un objectif social. Le Théâtre, enfin se plaisait dans un corps de danseurs muets portant des costumes nés d’allégorie irréfléchie et pleines d’humour.

Et en 1923, lors d’une exposition à succès, une maison, à elle seule, symbolisa les efforts innovants des divers ateliers ! Cela dans une atmosphère de liberté et de gaité – malgré la -Bauhaus.jpgfureur des bourgeois. N’oublions pas que le Bauhaus fut d’une certaine manière engendré par la Première Guerre Mondiale : les panneaux de verres et autres nouveautés joyeusetés colorées se substituaient à l’horreur des tranchées : métaphore devenue géométrique dans une logique éclatante du dessin auréolée de reliefs aux nuances vives.

Ainsi le Bauhaus, en si peu de temps, posa les jalons de nos « designers » incontournables si « modernes ». Certes, la majorité des créateurs a du s’enfuir d’Allemagne, les architectes, Gropius en tête, se sont investis aux USA et subirent parfois de regrettables copies qui jetèrent quelque discrédit sur de si belles théories révolutionnaires – certains gratte-ciels en témoignent. L’essentiel reposait pourtant sur la tentative de démocratiser l’idée du beau pour la rendre accessible à tous, marque indélébile de l’environnement des artistes d’aujourd’hui se libérant du passéisme de la tradition par la grâce d’une création audacieusement inédite. « Pour nous qui avons vécu au Bauhaus, un pouvoir magique est lié à ce mot et encore aujourd’hui nous restons, par son intermédiaire, dans le vaste monde attachés les uns aux autre ». Oskar Schlemmer

Cécile Sorel


Catégorie : ARTICLES - ART
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