Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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PYTHAGORE et le pythagorisme

On découvre Pythagore dans les riches terres colonisées par les Grecs, plus prospères qu’en Grèce même. Venu de Samos, il vécut à CROTONE entre 570 et 490 avant Jésus-Christ, environ… pythagore.JPGPhilosophe présocratique, il aurait appris les mathématiques auprès de Thalès et la légende lui prête une initiation à l’orphisme : le crétois ORPHÉE, influencé par l’Égypte, concepteur mythique de la lyre. Son enseignement singulier perçoit en l’homme deux éléments, une âme céleste et un corps titanesque. L’âme se délivre du corps par la mort mais, après le jugement des dieux sur les actes commis pendant la vie, elle connaît une nouvelle incarnation et ainsi de suite jusqu’à ce que, complètement purifiée, elle accède à la félicité des Bienheureux. Cette doctrine exaltante, appuyée sur une cosmogonie aux traits orientaux, suscitera dans tout le monde grec une intense recherche de la pureté...   

Le Pythagorisme cultive au minimum 4 disciplines : musique, arithmétique, géométrie et astronomie au cœur desquelles s’insèrent des notions de proportion et d’harmonie. Socle central, la géométrie découvre les relations parmi les figures de l’espace : le fameux théorème discerne entre les côtés et l’hypoténuse d’un triangle rectangle, éléments inégaux, une inéluctable égalité. L’arithmétique joue un rôle plus grand encore puisque pour Pythagore « les choses sont nombres », principe fondamental dont on peut dire sans exagération qu’il est à la base de toute la science moderne. Elle générera l’harmonie sociale dans la mesure où ce calcul permet de régler correctement les contrats… Cette Tetraktys-Pythagore-geometrie-sacree-Matrix.pngarithmétique dépasse les spéculations sur les nombres en particulier les nombres premiers : 3, le premier parfait, 5, représentation de la justice, 7, symbole d’Athéna. En se fondant sur leurs « vertus » (dynameis en grec), on s’ouvre sur la religion. Conception s’une sorte d’« arithmogéométrie », où les nombres sont représentés par des figures géométriques composées de point qui aboutit à la TÉTRACTYS dessinée par le triangle décadique. Ainsi la série des quatre premiers nombres, l’unité, le premier pair, le premier impair, le premier carré pair. Leur nombre est 10 (1+2+3+4=10), nombre privilégié pour les pythagoriciens, que l’on peut aussi obtenir par la somme de l’unité et du premier carré impair (1+9=10) ou comme troisième terme d’une progression arithmétique de raison 3 à partir de l’unité (1+3+3+3=10). Décade prédestinée à réaliser la perfection aux yeux de Pythagore. L’astronomie, encore rudimentaire, s’essaie, au moins, à distinguer les mouvements des astres : les fixes, les planètes, le soleil et la lune d’où l’on tirera vite le concert des sphères.

Par la grâce de ce mot-clé d’euphonie, à l’apogée de la colonisation grecque en Grande-Grèce (Sicile et sud de l’Italie) Pythagore va, ainsi, implanter son projet de société utopique fondé ORPHEE-ET-SA-LYRE.jpgsur les mathématiques et la spiritualité. Il créa une « secte » - première de ce genre - dans laquelle hommes et femmes étaient admis en égaux et partageaient leurs biens. Le degré d’initiation aux connaissances mystico-mathématiques de chacun des membres structurait la communauté. Leur serment, dans LES VERS DORÉS (dont on a recueilli des bribes) : « J’en jure par celui qui grava dans nos cœurs la Tétrade sacrée, immense et pur symbole, Source de la Nature et modèle des Dieux ». L’éthique, déterminée par la notion de l’immortalité de l’âme, l’imprégnait d’un caractère religieux et ascétique. Les pythagoriciens donnaient à l’existence le but d’un contact avec le divin, structurant leur vie en étapes d’observances rigoristes pour l’atteindre. Ici on retrouve l’orphisme : apparemment Pythagore considérait l’âme comme la partie céleste de l’homme, seul espoir de survie. C’est pourquoi on s’imposait ces règles hiérarchisées, accès codifié à la vérité.

Il paraît y avoir dans le Pythagorisme deux éléments différents voire antinomiques : une recherche scientifique visant à retrouver dans l’univers des relations numériques et une intense aspiration à un idéal moral engendrant de rigoureuses régénérations. Ces deux tendances se sépareront peut-être vers la fin du Vème siècle avant J-C et l’on distinguera à l’intérieur de la secte des « mathématiciens », orientés vers la recherche scientifique, et des220px-Orpheus_death_Louvre_G416.jpg « acousmatiques » plus tournés vers la frugalité contemplative. On a identifié deux autres groupes. Les « administrateurs » géraient les biens que tous mettaient en commun et les « politiques » s’occupaient des rapports du groupe avec l’extérieur. En fait l’un et l’autre s’expliquent par le caractère concret du Pythagorisme, philosophie aspirant à une réforme complète de l’homme, entendu comme un être vivant en société et, donc, investie dans la lutte politique. Pour cela, il faut travailler aussi bien les différentes sciences architectes de l’harmonie dans l’univers que les purifications qui permettent à l’âme de se maîtriser. Ce n’est pas un hasard si le même mot « cosmos » désigne à la fois l’ordre cosmique, moral et social. Mais s’agissait-il d’un groupe démocratique ou aristocratique ? Les pistes sont contradictoires. On s’orienterait, suivant la logique « sectaire », vers un groupe élitiste sous la férule du « maître » qui prononça des discours plus ou moins bien reçus. Le livre 1 de la Métaphysique d’Aristote mentionne : « Ceux que l’on appelle les Pythagoriciens s’appliquèrent tout d’abord aux mathématiques et leur firent faire de grands progrès ; mais, nourris dans cette étude exclusive, ils s’imaginèrent que les principes mathématiques sont aussi les principes de tous les êtres ». La critique paraît évidente ! Nonobstant, on en décèle des traits chez Empédocle, Platon et jusque chez Virgile...

Les Pythagoriciens n’en furent pas moins les premiers à utiliser les mathématiques pour décrire des lois naturelles : soulignons le lien établi avec la musique érigée en art. En transposant au cosmos la correspondance entre rapport des nombres et intervalles de tons, ils inventèrent une cosmologie où le mouvement des astres émet des sons dans la plus parfaite harmonie : la « musique des sphères ». En l’explorant ils devinèrent que le son produit lorsqu’on pince une corde dépend de la longueur de la corde. Les sons mélodieux sont élaborés par des cordes de même tension, dont les longueurs respectives présentent un rapport identique à celui qui existe entre les nombres entiers. Et le rapport entre ces derniers modélisait mathématiquement un phénomène physique tout en inspirant une esthétique. Ainsi, Pythagore déchiffra-t-il, également, les sons émis par les planètes selon leurs vibrations exhalées d’après leur déplacement ou leur éloignement.

A travers la « musique des sphères » l’idée d’un mouvement circulaire uniforme, qui paraît évidente dans le cas de la lune et du soleil, laissait croire que tous les déplacements planétaires décrivaient un cercle uniforme. Cette vision conduit les derniers Pythagoriciens à une conclusion révolutionnaire en rupture avec les croyances les plus anciennes de l’histoire de l’humanité : pour la première fois on imaginait que LA TERRE ÉTAIT UNE SPHÈRE ! Certes leur intuition était très aléatoire car ils ne sont pas allés jusqu’à imaginer sa rotation, la foi indéfectible que les Pythagoriciens avaient en la suprématie du nombre freina les progrès qui leur aurait permis d’autres formulations sur la complexité du monde…

Antoine Fignes


Catégorie : ARTICLES - SCIENCES
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