Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
ARTICLES
CITATION

  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

Préférences

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
Captcha reload
Recopier le code :


  Nombre de membres 40 membres
Connectés :
( personne )
Snif !!!
Recherche
Recherche
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.abrulepourpoint.fr/data/fr-articles.xml

LES ŒUFS FABERGÉ

    Seul un Protestant, malgré la distance historique, éprouve la signification du « REFUGE » - pays où se sont expatriés ses coreligionnaires lors des Guerres de Religion220px-Karl_Gustavovich_Faberge.jpg et surtout lors de la Révocation l’Édit de Nantes (liberté de culte aux Huguenots) avec l’édit de Fontainebleau en 1685. Louis XIV, roi « Très Chrétien » interdisait, du haut de son absolutisme, tout culte non catholique ! Devant les dragonnades, les galères et toutes sortes de persécutions 200.000 Huguenots (sur les 800.000 que comptait alors la France peuplée de 19 millions d'habitants) choisirent l’exil plutôt que la conversion forcée… les monarchies européennes accueillirent tous ces artisans et intellectuels avec satisfaction et en furent enrichies, en particulier le roi de Prusse Frédéric Ier.
Les FABERGÉ firent halte en Allemagne et en Scandinavie et se fixèrent à Saint-Pétersbourg : Karl Fabergé (1846/1920), et son frère Agathon, durent, en partie, leur célébrité à leur création particulière de bijoux en œufs de Pâques. En 1885, le tsar Alexandre III offre le premier œuf de Pâques Fabergé à son épouse Marie Fedorovna. Apparemment,l’œuf ressemblait à un œuf ordinaire, en émail blanc, mais éblouissement : l'intérieur dévoilait une poule multicolore en or, couronnée, et dans la couronne un autre minuscule œuf en rubis. L'impératrice fut si enchantée que chaque année le tsar commandait, pour elle, un œuf à Pierre-Karl Fabergé. En 1884, le tsar Alexandre III nomma les Fabergé concepteurs officiels de la cour. À sa mort en 1894, son fils, Nicolas II, continue la tradition et commande deux œufs à Fabergé, l'un pour sa jeune épouse, Alexandra Fedorovna, et l'autre pour sa mère. (S’ajoutent les cours du Royaume-Uni, Thaïlande, Suède et Norvège). L’établissement confectionna 52 œufs impériaux, dont 2 prévus pour 1918, les œufs Constellation et Bouleau de Carélie, qui n'ont pas été présentés à cause de la Révolution de 1917. Sept de ces 52 œufs sont encore portés disparus...
Ainsi, la rareté piquante de ces œufs résidait dans LA SURPRISE, miniatures en joaillerie ou représentation de personnes, de lieux ou d’évènement à la famille impériale, soit à l’intérieur de l’œuf ; soit créations séparées tout en étant à l’intérieur des coquilles : l’ouverture de l’œuf était donc nécessaire. Des charnières assemblaient les parties articulées de la coquille faisant de la partie supérieure de l’œuf un couvercle. Les charnières à ressort étaient conçues pour s’ouvrir en pressant un bouton ou un loquet. De nombreux livres et articles décrivent les commandes des œufs impériaux : un trait commun, la période préliminaire qui incluait une étude méticuleuse, car nulle part la combinaison de divers matériaux n’est utilisée avec plus de bonheur. Les objets assemblés avec des épingles et des attaches pouvaient être démontés en cas de réparation ou de nettoyage avec le plus grand soin !

L’œuf impérial au palais danois : [voir  image évènement) (Pacques 1895) dit de l’Impératrice Douairière Maria Feodorovna : or émail, diamants, saphir et nacre. Fermé par des panneaux en émail rose translucide sur un fond guilloché avec un motif de palmes et des bords en rose de diamant avec des cabochons d’émeraudes aux intersections. Couvercle avec un cabochon saphir étoilé et surmonté de roses de diamants. Il contient sur 10 panneaux en or sertis de nacre des miniatures représentant des bateaux et des palais de l’Impératrice et chaque panneau est surmonté par une décoration en forme de ruban. Offert 071221_7991.jpgpar Nicolas II. [La princesse Dagmar de Danemark (Marie Sophie Frédérique Dagmar de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glucksbourg) avait épousé le tsar Alexandre III, devint impératrice de Russie sous le nom de Marie Fedorovna.]

Œuf impérial au carrosse du couronnement : offert par Nicolas II à la Tsarine (Pacques 1897). En or avec des panneaux en émail jaune pâle translucide sur fon guilloché en rayons de soleil, orné de treillis de feuilles de laurier avec aigles impériaux en émail noir aux intersections, chacun avec une rose de diamant au centre. Couvercle avec le monogramme russe « AF » et la date, tous deux sous diamant ; doublure de velours. Carrosse en or et émail rouge guilloché orné de treillis de roses de diamant sur les côtés ; fenêtres en cristal de roche à biseau, gravées avec des rideaux avec aigles impériaux en roses de diamant sur les côtés (évoquant le manteau du couronnement) ; une couronne en roses de diamant surmonte la composition. A l’origine un œuf miniature, serti de diamants, était suspendu dans le carrosse. Parfaite réplique miniature du carrosse du couronnement qui demanda 15 mois de travail.

Œuf impérial au muguet : or émail diamant, perles cristal de roche et ivoire. Fermé : œuf en or et émail guilloché rose, divisé par des bandes de roses de diamant monté sur quatre 1898Lilly2.jpgpieds de style Louis XV recouvert de brins de muguets en or en perles en en diamants et des feuilles en bronze doré, serti de veines de roses de diamant, surmonté de la Couronne Impériale sertie de roses de diamant et de deux cabochons rubis. Ouvert, en tournant une perle, trois miniatures celle du tsar Nicolas II et de deux de ses filles les Grandes Duchesses Olga et Tatiana, remontent et s’ouvrent en forme d’éventail, bordée de roses de diamant et datée au revers 5 avril 1898. Offert à la tsarine.

Œuf impérial en or rouge du 15ème anniversaire : avènement de Nicolas II et les dates importantes de la famille impériale dont, le couronnement, diverses processions, inauguration du monument dédié à Pierre Le Grand à Riga, la pose de la première pierre du pont Alexandre III à Paris ou l’ouverture de la Douma dans la salle du trône en 1906. Émaillé couleur huître opalescent avec de lourdes bogues gravées en émail vert émeraude avec des diamants aux intersections. La surface est recouverte d’une série de peintures sur ivoire de Zuiev. f1.jpgCes peintures représentants les grands évènements du règne du tsar sont placées sous des panneaux en cristal de roche gravés.

Si ces œufs montrent avec brio la capacité de Fabergé à interpréter et transformer des styles anciens pour créer des œuvres d’art originales leurs inventions prirent toutes sortes de formes. Par exemple, de beaux objets furent créés pour l’Ermitage Impérial et exposés à l’Exposition Universelle de Paris : une corbeille de fleurs en perles et gemmes, un album monté sur or avec des rubis, les répliques miniaturées des couronnes impériales…jusqu’à un étui à cigarette ! A part ses talents d’artiste et d’homme d’affaire, Fabergé avait un autre don, le sens de l’humain. Cela l’aidait particulièrement lorsqu’il devait choisir les artistes, les créateurs et les maîtres d’œuvre pour la Maison ; également pour mieux comprendre les exigences et les goûts de sa clientèle de haut rang. «Le doux Fabergé a juste apporté votre adorable œuf pour lequel je vous remercie mille fois…». Alix impératrice (C’était encore pendant la Première Guerre Mondiale).Les Fabergé fabriquaient plus de 100.000 pièces en 1914. Le comité des employés de la coopérative K. Fabergé prendra la direction de la société à la Révolution russe de 1917. Karl quitte la Russie en septembre 1918…

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - ART
Page lue 1080 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !