Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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DIETRICH BONHOEFFER

né en 1906 et exécuté le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg (Bavière).

Fils d’un neurologue et psychiatre et d’une mère petite-fille du théologien protestant Karl Von Hase…. Très jeune, il rédige de lumineuses thèses universitaires sur l’Église corps mystique du Christ, tout en s’occupant d’enfants défavorisés de Berlin. Enseignant la théologie, il coopère avec l’œcuménisme protestant. Après divers voyages, dès 1933 il combat les nazis et l’antisémitisme à travers l’EGLISE CONFESSANTE (contre l’apathie de certains pasteurs):"L’Église a 3 possibilités d’agir envers l’État :1, lui poser la question de la légitimité de son action en lui rappelant la responsabilité qui est la sienne ;2, L’Église est redevable sans limite d’un service envers les victimes de tout ordre social, même lorsqu’elles n’appartiennent pas à la communauté chrétienne, Faites du bien à quiconque. 3, non seulement panser les victime tombées sous la roue, mais mettre un frein à la roue elle-même – une telle action serait directement politique". 1935/1937 Bonhoeffer pilote le séminaire clandestin de Finkenwalde (Poméranie) qui forme les futurs pasteurs de l’Église Confessante. Deux livres essentiels,"Le prix de la Grâce": "La grâce à bon marché est l’ennemi mortel de notre Église… On a annoncé l’évangile et distribué les sacrements à vil prix…La grâce qui coûte c’est l’évangile qu’il faut toujours chercher à nouveau ; c’est le don pour lequel il faut prier, c’est la porte à laquelle il faut frapper…Elle est grâce parce qu’elle appelle à Jésus Christ". Et "De la vie communautaire"(qui trouvera un écho au-delà du milieu protestant)."La fraternité chrétienne n’est pas un idéal à réaliser mais une réalité créée par Dieu en Christ à laquelle il nous est permis d’avoir part… Communauté spirituelle veut dire communauté de ceux que le Christ a appelé à lui, communauté psychique veut dire communauté des âmes pieuses… Dans la communauté spirituelle c’est la parole de Dieu seul qui gouverne, dans la communauté pieuse, c’est l’homme avec ses expériences, ses vertus, sa puissance de suggestion et sa magie religieuse, qui, à côté de la Parole, prétend commander ». On décèle, ici, l’influence de KARL BARTH :"Être fidèle à la terre pour être fidèle à Dieu…".

La guerre s’éternisant, Bonhoeffer poursuit une intense activité souterraine en contact avec des réseaux de résistance par l’entremise de sa propre famille – réseauxBonhof1l.jpeg qui touchent l’amiral Canaris (Abwehr). Il ne suffit plus de s’occuper de l’Église, il faut aussi s’occuper du monde, et tenter d’arrêter la folie destructrice du Führer. Il est arrêté et interné en avril 1943, quelques semaines après s’être fiancé. En prison, il écrit quelques unes de ses plus belles pages, dans ce qui sera sans doute son ouvrage le plus célèbre "Résistance et Soumission":"La dernière question que pose ma responsabilité n’est pas de savoir comment je me tirerai d’affaire héroïquement, mais comment la génération à venir pourra continuer de vivre…J’ai compris plus tard et je continue d’apprendre que c’est en vivant pleinement la vie terrestre qu’on parvient à croire. Quand on a renoncé  complètement à devenir quelqu’un – un saint ou un pêcheur converti, ou un homme d’Église (ce que l’on appelle une figure de prêtre), un juste ou un injuste, un malade ou un bien portant – afin de vivre dans la multitude des tâches, des questions, des succès et des insuccès, des expériences et des perplexités – et c’est cela que j’appelle vivre dans le monde – alors on se met pleinement entre les mains de Dieu, on prend au sérieux, non ses propres souffrances mais celles de Dieu dans le monde, on veille avec le Christ de Gethsémané ; telle est, je pense, la foi ; c’est ainsi qu’on devient un homme, un chrétien ».

 Lettre de prison (30/04/1944) à son ami Betghe :"Le sentiment que, d’un jour à l’autre, de grands évènements pourraient mettre le monde en mouvement et transformer nos situations personnelles est si fort en moi, que j’aimerais bien t’écrire beaucoup plus souvent ; d’abord parce que j’ignore combien de temps je le pourrai encore et puis parce que nous voulons partager tout le plus souvent et le plus longtemps possible. Je suis persuadé que des opérations décisives seront déclenchées sur tous les fronts quand tu recevras cette lettre". Ici Bonhoeffer devient prophétique : "Nous allons au-devant d’une époque totalement irréligieuse ; tels qu’ils sont les hommes ne peuvent tout simplement plus être religieux ; ceux-là même qui se déclarent honnêtement religieux ne pratiquent nullement leur religion ; ils entendent donc probablement ce terme différemment… Les questions auxquelles il faudrait répondre sont celles-ci : que signifie une Église, une paroisse, une prédication, une liturgie, une vie chrétienne dans un monde sans religion ? Comment parler de Dieu sans religion, c'est-à-dire sans le donné préalable et contingent de la métaphysique, de la spiritualité etc. ?...Comment former une ekklesia, sans nous considérer comme des magritte-rene-lentree-en-scene-9932900.jpgappelés, des privilégiés sur le plan spirituel, mais bien plutôt comme appartenant pleinement au monde. Mais que signifie cela ?"

Lettre du 16/07/1944 :"En devenant majeurs nous sommes amenés à reconnaître de façon plus vraie notre situation devant Dieu. Dieu nous fait savoir qu’il nous faut vivre en tant qu’hommes qui parviennent à vivre sans Dieu… Devant Dieu et avec Dieu nous vivons sans Dieu. Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde et ainsi seulement il est avec nous et nous aide… Il m’est apparu que nous n’avons pas le droit dans notre connaissance imparfaite d’utiliser Dieu comme bouche-trou ; car lorsque les limites de la connaissance reculent – ce qui arrive nécessairement – Dieu aussi est repoussé sur une ligne de retraite continuelle. Nous avons à trouver Dieu dans ce que nous connaissons et non dans ce que nous ignorons. Dieu veut être compris par nous non dans les questions sans réponses mais dans celles qui sont résolues. Ceci est valable pour la relation de Dieu et la connaissance scientifique, mais également pour les problèmes simplement humains de la mort, de la souffrance et de la fauta… Dieu veut être reconnu non dans la mort seulement, mais dans la vie, dans la force et la santé et non seulement dans la souffrance, dans l’action et non seulement dans le péché. La raison en est la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Il est le centre de la vie, et il n’est nullement venu pour répondre à nos questions irrésolues…"

Ainsi, Bonhoeffer, en prison, vivait une intense vie spirituelle et espérerait sans doute un monde de paix, réconcilié avec lui-même et avec Dieu. Peu de théologiens ont fait face à une Histoire aussi terrible ! On s’attendait de voir un auteur et on trouve un homme (Pascal) car Bonhoeffer a su  penser sa foi dans ce monde-là en visionnaire et précurseur authentique. Il refusera toute évasion. Et le 9 avril 1945, avec l'amiral Canaris devant la cour martiale, jugés coupables et condamnés à la pendaison.

L’influence de Bonhoeffer sur la théologie contemporaine est immense mais tous ces textes prouvent qu’il ne faut pas voir en lui une figure plus politique que religieuse [en France le pasteur André Dumas nous a permis de le connaître].

Antoine Fignes


Catégorie : ARTICLES - REFLEXION
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